
Dans un village grec sous domination ottomane, entre les deux guerres du siècle dernier, chacun s'apprète à vivre la semaine sainte dans le rôle d'un personnage qui lui a été attribué (le Christ, Judas, Marie-Madeleine,...). Arrivent alors des réfugiés dont le village a été incendié par les Turcs. Soucieux de paix, d'abondance et de sécurité matérielle, les villageois repoussent ces réfugiés qui doivent fuir dans la montagne.Les villageois, en guerre contre ces réfugiés, s'identifient progressiuvement à leur rôle jusqu'au drame final à la Noël de l'année en cours.
Très grand roman d'une incontestable qualité littéraire, sociale, religieuse, politique, philosophique et morale. Cette fresque d'une tragédie grecque est intemporelle, puisqu'il y est question de l'éternel évangile, des passions humaines et des errances de l'humanité au travers l'histoire. L'ironie y côtoie le drame, la prière le blasphème, le remords le cynisme. En fait, l'auteur y dépeint le drame de chaque vie avec ses luttes, ses mesquineries, ses grandeurs et ses bassessses. Et au-dela de la conscience individuelle, la collectivité, la culture et son devenir.
Mais ce livre nécessite un équilibre intériur qui conduit à le déconseiller à de jeunes adultes ou à des personnes insuffisammnent formées. Il peut, en effet, susciter de la désespérance ou de la résignation devant la malice du coeur humain. Sans qu'il y ait des scènes choquantes, violentes ou érotiques, il règne un climat pesant qui peut dégoûter le lecteur devant tant de perversité ou d'animalité naturelles en l'homme. Il est clair que l'équilibre de la personne et les vertus humaines sont inconnus de ces villageois grecs !