
Le fait que Dick soit considéré comme l’un des plus grands romanciers de science-fiction ne justifie pas, à mon avis, de classer son œuvre simplement dans la science-fiction. Certes, il utilise les techniques propres au genre, mais sa narration peut être considérée comme anticipatrice, visionnaire et, en un sens, panoramique, englobant tout : elle sonde l’âme, crée des paysages métaphysiques et explore les profondeurs de la pensée religieuse humaine.
Ce livre n’est rien de plus qu’une analyse fictionnalisée des développements — poussés à des extrêmes utopiques — auxquels conduiraient certaines idées sur l’organisation de la société, inhérentes à l’essence de chaque personnalité et souvent atténuées par la culture et la sociabilité humaines : « Comme une boîte chinoise, les protagonistes traversent une sorte d’Enfer de Dante peuplé des pires cauchemars de leur psyché, dans un voyage initiatique » (extrait de la quatrième de couverture). Tout cela est agrémenté d’un grand détachement et d’ironie, ce qui peut également être interprété comme une dénonciation sociale de l’Amérique maccarthyste. D’un point de vue littéraire, il respecte les canons — comme déjà indiqué — du genre : intrigue linéaire, inventions ingénieuses, etc.
D’un point de vue moral, en plus de ce qui a déjà été mentionné, il y a quelques scènes brèves et légèrement sensuelles.