
Finkielkraut est l’un des penseurs français les plus libres et indépendants, avec une vision morale claire de la vie. Il n’est pas chrétien, mais il garde toujours à l’esprit et a intériorisé l’apport des valeurs chrétiennes occidentales.
« Le pêcheur de perles » est une expression qu’Hannah Arendt a appliquée à son admiré Walter Benjamin, ce penseur qui plongeait dans les livres pour faire remonter à la surface de petites perles offertes par d’autres écrivains. Finkielkraut développe quinze phrases d’autres penseurs. La dernière, très simple, est celle du chanteur Paul McCartney : « I believe in yesterday », qui devient un magnifique manifeste pour préserver ce qui est précieux du passé, sans rejeter le nouveau, et pour éviter la superficialité d’aujourd’hui sans tomber « dans l’amertume avec les années ».
Voilà sa culture et le monde dans lequel il vit. Il aime et défend l’Europe, la démocratie, les bonnes manières et l’éducation, un féminisme différent, mais il sait aussi voir que l’esprit de l’égalité démocratique, « une fois atteint son stade ultime, ne tolère aucune forme de transcendance » , et où « ce qui n’a pas de prix a perdu son prestige ».
Il affronte Houellebecq, adversaire de l’euthanasie, avec beaucoup de respect. Finkielkraut présente l’euthanasie comme une conséquence de la méconnaissance de Dieu. Il confesse : « La seule prière qui me concerne et que je récite parfois dans le silence de la nuit : ‘Être vivant jusqu’à la mort’. Mais à qui la destine-je ? ».
Voici le problème : il voit très clairement un monde qui présente des signes de folie et d’incohérence, mais n’a aucun point d’ancrage.