
L’intrigue est simple mais profonde. Elle se situe à Paris vers 1919. Elle reflète l’abandon de Gabri et Michette par leur mère, Francine, préoccupée par ses aventures amoureuses et sa beauté. Elles sont petites et passent beaucoup de temps seules, tandis que leur père n’est pas encore revenu de la guerre (1914–1919).
Le point culminant se produit lorsque Michette souffre d’un grave accident alors qu’elle est seule, et Gabri jure alors de se venger de sa mère. La haine de Gabri va très loin, mais elle se comporte également selon sa vanité. On observe un manque de maturité et de frivolité chez la mère, à qui son mari semble s’être soumis.
On peut dire que le roman est en partie autobiographique, car Némirovsky y reflète le ressentiment qu’elle éprouvait envers sa mère, qui ne lui a certainement jamais montré d’affection et qu’elle a détestée ; d’où peut-être ce réalisme amer et critique. C’est un roman d’une grande qualité littéraire. Bien qu’il n’y ait pas de scènes sexuelles explicites, le roman exsude la sensualité, qui semble être la seule chose importante pour le triangle amoureux qui se forme.
Irène Némirovsky (Kiev, 1903 – Auschwitz, 1942) était une écrivaine russe d’origine juive, qui a vécu en France. Elle a été déportée à Auschwitz par le régime de Vichy. Elle est considérée comme l’une des grandes écrivaines françaises du XXe siècle, bien qu’elle ait vécu à Paris et n’ait jamais obtenu la nationalité française.