
Roman court, mettant en scène Tatiana, une vieille nourrice qui a consacré sa vie à s'occuper des enfants de la famille Karin, une riche famille de la fin de l'ère tsariste en Russie.
L'action commence en 1916, lorsque cette dernière, vieillissante, voit partir les deux fils aînés pour la guerre. L'histoire continue en 1918, après la révolution, lorsqu'elle vit seule, s'occupant du manoir familial. La famille Karin a fui à Paris. Elle parvient à les rejoindre et leur apporte des bijoux de famille cachés dans ses vêtements, afin qu'ils puissent survivre dans leur nouvelle situation.
L'œuvre reflète, avec un drame contenu, ce que l'arrivée du communisme a signifié pour cette famille et, pour Tatiana, le changement notable de sa vie à Paris. Tatiana avait consacré sa vie à s'occuper des enfants de cette famille, et elle a maintenu ce mode de vie. Ce n'était ni de l'ignorance ni de la peur, mais sa manière d'aborder la vie ; elle avait élevé les parents et les enfants de cette famille. Ils étaient, avec la foi qui la soutenait, le but de sa vie.
Elle a maintenant du mal à s'adapter à la nouvelle situation ; elle ne cherche pas la commodité, mais se souvient du passé et du pays, où, déjà en automne, la neige couvrira les rues. Son délire mental final est le fruit de l'âge, exacerbé par la misère des dernières années. Le ton mélancolique est celui de quelqu'un qui se souvient de moments passés qu'elle n'espère plus revoir.
L'auteure transmet une gamme d'émotions à travers les différents protagonistes ; allant de la générosité de la protagoniste à la désespérance et au cynisme de ceux qui ne trouvent plus de sens à la vie, dans un monde qui s'effondre autour d'eux. Elle ne valorise pas les causes des changements politiques ; elle se limite à une description soignée des personnes dans un contexte de changements rapides.