
C’est un livre classique de théologie spirituelle depuis sa publication dans les années 30 du XXe siècle. Il contient de nombreuses perles de sagesse sur la vie intérieure, ses progrès et ses difficultés. Il traite de la prière vocale, de la prière mentale, de l’importance de la purification (des sens externes et internes), de la place principale de la Sainte Messe et de la dévotion à la Vierge. Il montre dans plusieurs passages que nous sommes tous appelés à la prière contemplative. Saint Josémaria, dans le livre Amis de Dieu, avertissait : « C’est déjà la contemplation et l’union ; cela doit être la vie de nombreux chrétiens, chacun suivant sa propre voie spirituelle — elles sont infinies — au milieu des soucis du monde, même s’ils ne s’en rendent pas compte » (n. 308).
Cette considération nous aide à comprendre correctement le titre. Les trois âges de la vie intérieure présente le schéma du livre, où trois phases sont distinguées : débutants, avancés et parfaits. Dans les premières pages, l’auteur lui-même avertit que les thèmes spirituels ne peuvent pas être présentés sous forme de schémas rigides, car au lieu de montrer la richesse d’un organisme vivant, on ne montrerait que le squelette.
Bien qu’il ait fait cet avertissement initial, l’auteur fait un effort véritablement herculéen dans l’autre direction. Il présente un schéma unique qui souligne les correspondances entre les trois âges de la vie intérieure, les dons de l’Esprit Saint, les vertus et les béatitudes. Ce schéma très complet s’appuie sur les textes de grands auteurs : saint Augustin, saint Thomas d’Aquin, sainte Thérèse d’Avila, saint Jean de la Croix, entre autres. Sans aucun doute, l’auteur est un grand érudit. L’ouvrage final présente un excès de schématisme. Certaines considérations se répètent plusieurs fois. Cela est inévitable dans un livre de plus de mille pages.
Beaucoup de ces idées classiques de théologie spirituelle se retrouvent brièvement dans l’homélie « Vers la sainteté » de saint Josémaria Escrivá de Balaguer. Le saint de l’ordinaire ajoute quelques accents spécifiques : la quotidienneté comme lieu de sainteté et la relation avec l’Humanité Très Sainte de Jésus-Christ.