
Prenant position sur tous les enjeux ecclésiaux de son « drôle de temps », Jacques Maritain livre, dans Le Paysan de la Garonne, sa propre traversée du concile et du para-concile, sans crainte « d'appeler les choses par leur nom » et de « mettre les pieds dans le plat ».
À l'heure où l'interprétation de l'oeuvre conciliaire fait de nouveau question et tandis que se heurtent des herméneutiques mettant en valeur les continuités à d'autres privilégiant les ruptures, ce livre représente l'une des pièces les plus importantes, les plus autorisées et les plus précoces du débat.
Cet ouvrage n'avait cependant pas valeur seulement réactive, mais aussi prospective, et c'est au « vrai feu nouveau » que Jacques Maritain consacrait les trois quarts de son essai s'essayant comme un « vieil homme qui cligne des yeux » à préciser les voies d'un renouvellement intérieur : en cela il s'adressait aussi aux générations d'aujourd'hui, et son propos qui n'a pas épuisé toute sa fécondité historique esquissait un horizon qui peut encore déplacer et attirer plus loin.