Le jardin

[홀]
Année: 
2026
Genre: 
Public: 
Éditeur: 
Rivages
Année de publication: 
2019
Pages: 
157
Évaluation morale: 
Genre: Littérature
Pas de problème
Présente quelques passages contraires à la morale.
Présente des passages importants contraires à la foi ou à la morale.
Présente des passages scabreux ou un fond idéologique qui peuvent troubler des lecteurs ayant peu de formation chréienne.
Abondance de passages scabreux ou d’un fond idéologique contraire ou étranger aux valeurs chrétiennes.
En raison de contenus explicites, l'œuvre est contraire à la foi ou à la morale de l'Église catholique ou au christianisme en général.
Qualité littéraire: 
Recommandable: 
Transmet des valeurs: 
Contenu sexuel: 
Contenu violent: 
Langage vulgaire ou obscène: 
Des idées contraires à la doctrine de l'Église: 
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L'auteure sud-coréenne Hye-young Pyun se distingue une nouvelle fois en remportant le prix Shirley Jackson du meilleur roman d'horreur psychologique. Le récit frappe dès ses premières lignes : votre corps est votre prison. Votre esprit, votre geôlier. Et si survivre était, en réalité, une punition, un cauchemar...

Ogi se réveille après un terrible accident et comprend peu à peu qu'il ne peut bouger que les yeux ; il découvre progressivement que c'est sa belle-mère qui lui rend visite et prend soin de lui. Son épouse est morte dans l'accident, dont il reconstitue lentement quelques fragments de souvenirs. C'est également sa belle-mère qui organise son retour à la maison : cette maison où l'épouse d'Ogi cultivait plantes et arbustes avec un dévouement proche de l'obsession... Cette épouse dont la mère porte le deuil, tout en révélant peu à peu une volonté trouble de maintenir Ogi enfermé entre les quatre murs de sa chambre, privé de communication, de soins médicaux et de tout contact avec le monde extérieur. Il observe alors, d'abord avec curiosité ; puis, au fil des jours, avec effroi ; et enfin avec horreur, sa belle-mère reprendre le travail du jardin, mais avec une intention malveillante : elle creuse des trous, plusieurs trous, comme si elle cherchait à retrouver LE TROU... celui dont elle a besoin pour assouvir sa vengeance.

Écrit dans une prose à la fois inquiétante et poétique, Le Jardin se déploie avec une précision chirurgicale (ne révélant rien avant le moment opportun et évitant ensuite les explications superflues qui détourneraient l'attention du dénouement). Le roman nous entraîne ainsi vers une obscurité prévisible, mais non moins terrifiante pour autant : l'idée que l'on peut creuser sa propre tombe.

Hye-young Pyun est reconnue comme l'une des figures majeures de la littérature coréenne contemporaine et a reçu les plus hautes distinctions littéraires de son pays. Dans cette œuvre, qui ne perd rien de sa valeur parce qu'elle appartient au genre de l'horreur, elle aborde avec subtilité plusieurs thèmes profonds qui invitent à la réflexion : la communication et la sincérité dans le mariage, l'aide à apporter à ceux qui peuvent présenter des comportements psychologiquement déséquilibrés, l'importance des relations entre parents et enfants, ainsi que la nécessité du pardon.

On peut contester la valeur du genre horrifique comme forme littéraire majeure et artistique ; cependant, il me semble que nous assistons à un changement de paradigme — y compris dans le monde littéraire, reflet des mutations de notre époque — où l'horreur, et plus encore l'horreur psychologique, s'impose comme un trait caractéristique de la culture contemporaine : une arme, une torture, un moyen d'infliger la souffrance, un instrument de vengeance, autant de réalités qui marquent profondément notre temps.

Auteur: Rosa Rius, Spain
Date de mise à jour: Jun 2026