
Le Comte de Chanteleine a été publié en 1864 en seize livraisons dans la revue périodique aux thèmes variés, le Musée des familles. Lorsque Jules Verne a essayé de le publier sous forme d’un volume unique en 1879, il n’a pas pu le faire en raison de désaccords avec son éditeur, un républicain convaincu, pendant la Troisième République, qui se caractérisait par un fort caractère anticlérical. Ainsi, le roman est resté caché—ou mieux, autocensuré par les éditeurs—pendant 107 ans, et il a finalement été publié en 1971.
Verne ne cherche pas à surprendre le lecteur, et il ne présente pas de nouveaux artifices ; il se contente de raconter des faits historiques, comme la cruelle persécution—le génocide—que les catholiques de la Vendée ont subie pendant les années de la « Terreur » de la Révolution française. C’est un roman historique : les faits et les noms sont réels, mais il met en avant des personnages fictifs pour montrer que les bons étaient vraiment bons et les méchants vraiment mauvais. Ces personnages agissent et ne se perdent pas en disquisitions ; ils font ce qu’ils considèrent nécessaire pour défendre la tradition catholique.
Curieusement, un Jules Verne qui, à la fin de sa vie, défendait un socialisme anarchiste, considérait la foi catholique comme fondamentale pour maintenir la cohésion de la société et la vie correcte de ses citoyens.