
Dès son plus jeune âge, Steinbeck manifesta un esprit rebelle et une opposition au mode de vie traditionnel. Pour faire plaisir à ses parents, il étudia à l'université de Stanford. Cependant, après quelque temps, il préféra cueillir des fruits, travailler dans les plantations de canne à sucre ou simplement parcourir le pays. Lors d'un voyage le long du golfe de Californie, en quête d'inspiration pour son roman historique « La Mer de Cortez », il confia avoir entendu, de la bouche des autochtones de la côte, la légende qui constitue la base de cette œuvre. L'histoire est simple, presque une parabole, et semble en effet s'inspirer d'une tradition orale. Un scorpion pique Coyotito, le fils de Kino et de sa femme, Joane, deux pauvres pêcheurs. Le médecin refuse de les soigner faute d'argent, et ils rêvent désespérément de trouver une perle qui changerait leur destin, une perle d'une valeur inestimable qui leur permettrait de se payer les soins nécessaires. Et c'est ainsi que leur vœu est exaucé : ils découvrent en mer la plus belle perle du monde. Mais l'attrait de cette richesse soudaine bouleverse leur existence. Kino devient rapidement obsédé par les biens matériels que la perle pourrait leur apporter. Au lieu de profiter de sa famille et de leur compagnie, comme au début, il devient insatisfait et en veut toujours plus. Les marchands de perles tenteront de le duper… L'attrait du roman réside dans le choc des cultures entre deux mondes, celui des riches et celui des pauvres, et dans la transformation des relations humaines au gré des conditions économiques. Ce récit invite à la réflexion.