De l’amour

Le point de départ de cet ouvrage est la constatation que, sous le nom d’amour, se cachent des réalités très diverses. Pieper s’inspire (et le cite constamment) d’une des œuvres fondamentales pour comprendre cette question, Les Quatre amours de C. S. Lewis, qu’il appelle à juste titre « le grand théologien laïc de notre époque », et dont le titre est en soi significatif.
Mais la nouveauté de Pieper réside dans la réhabilitation de l’Éros, face à la théologie protestante qui l’avait condamné comme opposé à l’amour pur, à l’Agapè. L’Éros, dit Pieper, est nécessaire pour ne pas se perdre dans un amour si surnaturel qu’il en devient désincarné, et pour ne pas non plus succomber (peut-être par réaction) à ce qui est purement charnel, et qui n’est pas l’amour. Benoît XVI reprendra ces concepts dans son encyclique Deus Caritas Est.
Avec cette approche, on constate que le livre est essentiel pour dépasser les confusions qui entourent cette question et dont notre civilisation souffre depuis de nombreux siècles — et pas seulement dans le monde protestant.
