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Problème du communisme

[Cristianism i problema komunizma]
BERDIAEFF, Nicolai
Année: 
1968
Tags: 
Marxisme - 
Ouvrages sur la doctrine chrétienne
Genre: 
Pensée
Public: 
Adultes
Éditeur: 
Desclee
Année de publication: 
1936
Pages: 
95
Évaluation morale: 
Qualité littéraire: 
Recommandable: 
Transmet des valeurs: 
Contenu sexuel: 
Contenu violent: 
Langage vulgaire ou obscène: 
Des idées contraires à la doctrine de l'Église: 

Pour Berdiaev, le problème du communisme est qu’il cherche à devenir une nouvelle religion, avec des dogmes inattaquables, et donc impitoyable dans sa répression de « l’hérésie », dont l’article de foi principal serait l’énoncé marxiste : « La religion est l’opium du peuple ». Nous sommes donc face à un phénomène paradoxal qui tente d’éliminer une foi tournée vers l’au-delà pour la remplacer par une autre foi – cette fois sans autre Dieu que le matérialisme dialectique et sans autre paradis que la société sans classes. Mais, en effaçant Dieu de l’horizon, il détruit aussi la liberté, et avec elle, l’être humain lui-même.

Berdiaev fait aussi porter aux chrétiens une part de responsabilité dans la naissance du communisme. D’autre part, il distingue très clairement la foi chrétienne de sa dégénérescence en morale bourgeoise. Son analyse du christianisme est d’une grande lucidité, au point que ce livre pourrait presque être lu comme un ouvrage d’apologétique. Voici, par exemple, une idée souvent reprise depuis, mais qui à l’époque était peu reconnue : « Les sciences... oublient que, si elles ont connu un essor à l’époque moderne, elles le doivent avant tout à la libération de l’esprit humain de ses anciennes superstitions, et que cela a été accompli par la foi chrétienne. »

Et cela a été accompli non seulement en « désenvoûtant » le monde, mais aussi en revalorisant le travail humain, car « la civilisation gréco-romaine, aristocratique dans ses principes, méprisait le travail, le considérant comme propre aux esclaves. Le christianisme est venu le sanctifier. »

C’est sans doute pour cela, et aussi à cause de la déshumanisation du travail provoquée par le premier capitalisme, que Berdiaev se range parmi ceux qui sont anticommunistes parce qu’ils sont anticapitalistes. Comme pour d’autres penseurs de son époque, pour lui, le communisme est une excroissance inévitable du capitalisme.

Il s’agit d’une analyse assez pondérée, qui part du principe que « pour vaincre le mensonge du socialisme, il faut en connaître la vérité », car « le communisme a jusqu’à présent été considéré davantage sous un angle sentimental et émotionnel que sous un angle intellectuel ».


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