
Court roman, mais particulièrement intéressant, où le mal règne sous les traits du personnage qui incarne le vampire, à la fois énigmatique et fascinant, élégant et trompeur. Patient, il cherche le moment propice pour tromper le bien, le troubler, le séduire et, finalement, le conquérir. Le mal n’a pas besoin de déguisement pour s’introduire dans l’âme humaine et la persuader ; il lui suffit de savoir dissiper la vérité avec une certaine audace et de trouver un refuge où demeurer en sommeil le temps nécessaire, jusqu’à ce que le moment d’agir soit venu.
Le personnage qui le découvre ne trouve évidemment aucun soutien pour convaincre son entourage lorsque celui-ci, le vampire, s’introduit dans son cercle le plus proche afin de reprendre la chasse. L’impossibilité de révéler la vérité, jointe au manque d’arguments crédibles, finit par l’envelopper dans la folie, faisant de lui la proie d’un mal qui conduit à une fin tragique.
La portée universelle de l’œuvre réside dans la lutte active, permanente et acharnée de l’homme contre le mal, même lorsqu’il se présente vêtu de ses plus beaux atours. Un récit bref, mais intense et captivant jusqu’à la dernière page. Il intéressera aussi bien les amateurs du genre que ceux qui y sont moins habitués. L’ouvrage est très bien écrit et chacune de ses parties est soigneusement construite. Il est considéré comme le premier récit de vampires et comme une source d’inspiration pour les œuvres postérieures.