
Un livre de souvenirs magistral sur l’enfance et l’adolescence de l’auteur (1905–1921). Elias Canetti parvient à captiver l’attention du lecteur comme s’il s’agissait d’un roman.
De petites histoires tirées de sa vie réelle, racontées dans une langue exquise au ton autrichien. Canetti est né en Bulgarie, en espagnol séfarade, entouré de bulgare, d’allemand, de russe et de turc. Dès ses premières années, il a vécu en Angleterre, en Autriche et en Suisse. Ce mélange linguistique et culturel façonne en lui un esprit à la fois réfléchi, réceptif et critique.
Les personnes qui croisent son destin — les parents, les autres membres de la famille, les professeurs, les camarades d’études — sont très bien dépeintes à travers leurs propres actions et paroles, et non par des commentaires de l’auteur.
Il n’y a presque pas d’images ni de figures rhétoriques dans la prose de Canetti dans ce livre. Pas non plus de digressions historiques, sociologiques, etc. : Canetti se concentre sur les faits dont il est témoin ou protagoniste ; et avec cela, il construit simplement un récit, au sens le plus authentique et le meilleur du terme. Que ce récit cache de grandes leçons est une autre affaire.