
Kehlmann reconstitue la vie professionnelle du réalisateur autrichien G. W. Pabst, l’une des grandes références du cinéma muet, qui s’est ensuite intégré avec succès au cinéma parlant. Contemporain et ami des grands réalisateurs allemands et autrichiens du début du XXᵉ siècle — Fritz Lang, F. W. Murnau et Billy Wilder — et découvreur de grandes actrices comme Greta Garbo, il a également travaillé avec Leni Riefenstahl, qui, dans le roman, n’est pas présentée sous un jour favorable.
Il a réalisé des films en Autriche, en Allemagne et en France. Lorsque Hitler accède au pouvoir, il part pour Hollywood, où il n’est pas reconnu comme l’artiste qu’il se considérait être, et décide de revenir en France. Avant cela, il profite de l’occasion pour rendre visite à sa mère en Autriche, mais le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale l’empêche de quitter le pays et le laisse involontairement pris au piège de la propagande nazie.
À partir de ce moment, Kehlmann développe la dimension fictionnelle du récit afin de montrer un Pabst soumis à la propagande du IIIᵉ Reich et d’expliquer la disparition de l’un de ses derniers films, Molander. Le roman se lit avec plaisir, mais il apparaît finalement fade et plat, sans parvenir à approfondir les personnages, qui défilent en entrant et sortant de la scène sans laisser de trace durable chez le lecteur.