
L’auteur, témoin du tsunami survenu au Sri Lanka, a été confronté à la douleur d’une mère ayant perdu sa fille dans cette catastrophe. Le livre commence par ce récit et poursuit avec la maladie et la mort de sa belle-sœur, une jeune juge, brillante dans sa profession et mère de trois jeunes enfants, à qui l’on diagnostique un cancer. À partir d’entretiens avec les protagonistes et leurs familles, se construit une histoire chorale sur le deuil et la souffrance, mais aussi sur l’amour et l’aide aux autres.
C’est une œuvre excellente du point de vue littéraire, car l’intrigue ainsi que les autres éléments narratifs sont extrêmement travaillés et soignés : la prose impeccable, le développement extraordinaire des personnages, qui engage le lecteur dans leurs difficultés, ainsi que le traitement exquis du langage, permettent de dresser un portrait réussi —avec un style très français— du mode de vie d’un groupe de professionnels de gauche.
Malheureusement, le livre est ponctué de passages érotiques —généralement brefs, mais pas toujours—, dont certains assez grossiers. La transcendance, Dieu et la religion sont absents, sauf pour une remarque blasphématoire sur Jésus-Christ.