
Deuxième roman de Weir, publié après le succès de Seul sur Mars : c’est peut-être pour cela que l’on en attendait davantage. Le récit se situe à Artémis, la première et unique ville de la Lune, composée de cinq (le nombre des continents de la Terre) énormes sphères appelées bulles, à moitié enfouies et reliées par des tunnels. Il est coûteux d’y parvenir et vivre dans cette ville, qui fonctionne comme un paradis fiscal, revient très cher. Cela donne lieu à de nombreuses corruptions et à une atmosphère décadente où tout s’achète. Ainsi, le sexe est un passe-temps et un moyen d’obtenir des faveurs (ou un peu d’argent) ; le genre apparaît comme quelque chose de fluide ; la prostitution est monnaie courante. Weir nous épargne des descriptions minutieuses ; il se contente de montrer cet environnement à grands traits.
La protagoniste, une contrebandière, s’adresse au lecteur à la première personne. Elle montre la dureté de sa vie et l’opportunité qui se présente à elle de devenir riche. Mais de nouveaux problèmes, plus graves, commencent alors : elle se retrouve mêlée à une véritable conspiration pour le contrôle de la ville...
Face aux dilemmes éthiques que Weir soulève dans d’autres œuvres, il adopte ici une position plus frivole. Les descriptions de la coexistence sociale sont néanmoins intéressantes : la manière dont les différentes communautés se regroupent selon leur origine terrestre, la place des religions et la création d’une nouvelle patrie.