La espiritualidad conyugal según Juan pablo II // La spiritualità coniugale secondo Giovanni Paolo II // Duchowosc malzenska wedlug Jana Pawla II

[La spiritualité conjugale selon Jean-Paul II]
Año: 
2010
Género: 
Público: 
Valoración moral: 
Género: Pensamiento
Sin inconvenientes.
Requiere conocimientos generales en la materia.
Lectores con formación específica en el tema.
Presenta errores doctrinales de cierta entidad.
El planteamiento general o sus tesis centrales son ambiguos o se oponen a las enseñanzas de la Iglesia.
La obra es incompatible con la doctrina católica.

Le livre contient deux parties. L'auteur présente d'abord treize « esquisses » où il décrit les thèmes principaux de l'enseignement de Jean-Paul II sur la spiritualité conjugale. Dans une seconde partie, plus brève, il offre un résumé des 129 audiences du pape sur la « théologie du corps ». Le texte se lit avec plaisir. La langue est soignée. Les esquisses offrent l’occasion à l’auteur de se livrer à certains développements et de tirer des conséquences souvent très réalistes et pertinentes. C'est ainsi qu’il parle de sujets comme le mariage en tant que vocation, du don et du pardon, de la « liturgie des corps », des croix et des peines qu'on peut rencontrer dans la vie conjugale, des maturations de l’amour, de l’Eucharistie comme mystère nuptial, etc.
Certains passages méritent quelques précisions. Dans la quatrième esquisse, qui traite de « L'humilité de l’incarnation », Yves Semen parle de la « nudité des âmes », c'est-à-dire de la nécessité d’une parfaite communion des cœurs, garantie de la signification conjugale de l’union des corps. Pour l’auteur, cette communion exige d'offrir à l'autre « une totale vulnérabilité et transparence » et d'« accepter de dire le plus intime de sa communion à Dieu dans une vie spirituelle vécue à deux ». A un certain moment, on a aussi l’impression que les conjoints ne peuvent pas prier l'un sans l'autre. Il est certain que, dans le mariage, les époux sont appelés à la communion, et que celle-ci suppose une véritable communion des coeurs, comme fruit du don réciproque. Mais ce don suppose aussi qu’on offre à l'autre le respect pour ce qu’il est : la communion est une unité dans la diversité. L’union n’est pas le résultat d’une fusion. C'est pourquoi la communion sait aussi respecter l’autonomie de l’autre, sa sensibilité, l’intimité de sa conscience - « le centre le plus secret de l'homme, le sanctuaire où il est seul avec Dieu » ("Gaudium et Spes", 16)-, sa propre vie intérieure. Enfin, n’oublions pas que, même dans le mariage, il y a aussi des choses qu’il vaut mieux ne pas se dire, parce qu'elles peuvent blesser l’amour ; certaines pensées, certains, tentations qu’on a dû affronter, par exemple contre la fidélité.
Dans sa cinquième esquisse, intitulée « Les subtilités de l’adultère », Yves Semen évoque un « adultère intérieur au plan spirituel » résultant d'une intimité inappropriée, d’ordre spirituel, avec un accompagnateur ou directeur spirituel, qui pourrait mener à « une réelle intrusion indue dans leur intimité d’époux ». Et il recommande de « préférer un accompagnement spirituel commun des époux plutôt qu'un accompagnement individuel » (p. 93). Nulle part, dans l'enseignement de Jean-Paul II, on ne trouve une telle interprétation de « l’adultère dans le cœur » et nulle part on n’y trouve une telle recommandation sur la direction spirituelle. On suppose qu’Yves Semen veut évoquer tout simplement la possibilité d’un certain désordre dans la charité.
Yves Semen aborde brièvement la doctrine de l’encyclique « Humanae Vitae ».Il écrit que, contrairement aux religieux, qui sont appelés à la continence parfaite, « les époux, s’ils veulent vivre vraiment dans le respect du corps de l’autre, sont tenus par l’exigence de la continence périodique ». Celle-ci se justifie « dans la mesure oit les époux estiment en toute conscience et liberté que. Dans leur situation actuelle, il n 'est pas souhaitable pour eux et leur famille de donner la vie ».
C’est inexact ou, du moins, très imprécis, sur deux points : d’une part, selon la doctrine de l’Eglise, les époux sont tenus par les exigences de la paternité responsable, dont la continence périodique n’est qu’une des deux modalités; d’autre part, le recours à la continence périodique ne se justifie que pour de « graves motifs ».
Dans l’audience du 23-5-84, Jean-Paul II parle de son exposé sur Humanae Vitae comme du « couronnement de toutes mes explications antérieures ». Dans sa toute dernière audience consacrée à la théologie du corps, le 28-11-84, Jean-Paul II affirme : « En un certain sens, on peut même dire que toutes les réflexions qui traitent de "la rédemption du corps et du caractère sacramentel du mariage ” semblent constituer un ample commentaire de la doctrine contenue précisément dans l'encyclique Humanae Vitae ». Il est donc dommage que le livre d’Yves Semen traite cette question de façon sommaire et peu rigoureuse.
S.S. (2013)